La conscience
Conscience de soi, inconscient, identité personnelle.
La conscience
Introduction
Du latin cum scientia (« avec savoir »), la conscience désigne la capacité d'un être à se représenter le monde et à se représenter lui-même se représentant le monde. Elle est ce par quoi un sujet existe pour lui-même.
« Je pense, donc je suis » — Descartes, Discours de la méthode, IV.
Problématique générale : la conscience fait-elle la grandeur de l'homme, ou est-elle au contraire une illusion qui masque ce qui le détermine réellement ?
I. Définitions et distinctions
- Conscience spontanée (ou immédiate) : présence à soi et au monde dans l'expérience vécue (je sens, je perçois).
- Conscience réfléchie : retour de la pensée sur elle-même (je pense que je pense). Elle suppose un dédoublement du sujet.
- Conscience morale : voix intérieure qui juge nos actes selon le bien et le mal (Rousseau : « instinct divin »).
- À distinguer de la connaissance (savoir objectif) et de la conscience psychologique (perception de soi).
II. La conscience comme fondement du sujet (Descartes)
Dans les Méditations métaphysiques (1641), Descartes pratique le doute hyperbolique : tout peut être douteux sauf le fait même que je doute, donc que je pense. Le cogito est la première vérité indubitable : la conscience fonde le sujet pensant (res cogitans) comme substance distincte du corps.
III. La conscience comme rapport au monde (Husserl, Sartre)
Husserl : toute conscience est conscience de quelque chose — c'est l'intentionnalité. La conscience n'est pas une chose mais une visée.
Sartre radicalise : la conscience est néant, pur jaillissement vers le monde. L'homme n'a pas d'essence préalable : « l'existence précède l'essence » (L'existentialisme est un humanisme). D'où la liberté, mais aussi l'angoisse et la mauvaise foi (se mentir à soi-même pour fuir cette liberté).
IV. Les soupçons portés sur la conscience
- Marx : la conscience est conditionnée par les rapports de production (« ce n'est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience »).
- Nietzsche : la conscience est tardive, superficielle, langagière ; le « moi » est une fiction grammaticale.
- Freud : la conscience n'est que la pointe émergée de l'iceberg psychique ; l'essentiel est inconscient.
V. Citations clés
- « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. » — Pascal, Pensées.
- « Être et être perçu sont une seule et même chose. » — Berkeley.
- « La conscience est le lieu géométrique de toutes les vérités. » — Husserl.
Pour la dissertation
Sujets type : La conscience fait-elle de l'homme une exception ? — Peut-on échapper à sa conscience ? — La conscience de soi est-elle une connaissance de soi ?
Plan possible :
- La conscience semble nous donner un accès immédiat et privilégié à nous-mêmes (Descartes, Kant).
- Mais la conscience est partielle, voire trompeuse (Freud, Marx, Nietzsche).
- Il faut donc concevoir la conscience comme une tâche : se connaître soi-même par la médiation d'autrui, du langage et des œuvres (Hegel, Ricœur).
Sources et références
Ce cours est rédigé par l'équipe RévisionBac à partir du programme officiel et des sources institutionnelles ci-dessous. Elles permettent de vérifier les définitions, les chiffres et les normes citées.
- 1.Programmes et ressources du lycée général et technologique — Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale
- 2.Bulletin officiel de l'Éducation nationale (programmes du baccalauréat) — education.gouv.fr
- 3.Textes philosophiques du domaine public — Gallica — BnF
- 4.Encyclopédie philosophique en accès libre — Stanford Encyclopedia of Philosophy
Contenu vérifié et mis à jour le 08/08/2026. Les liens renvoient vers les sites officiels des éditeurs cités.
Historique éditorial
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