Autrui

Le rapport à l'autre, l'intersubjectivité, la reconnaissance

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Autrui

Introduction

Autrui (du latin alter huic, « cet autre-ci »), c'est l'autre que moi, à la fois semblable et différent. Il est ce moi qui n'est pas moi, mais qui me reconnaît comme un autre lui-même.

Problématique : autrui est-il un obstacle à mon existence ou la condition même de mon humanité ?

I. Le problème d'autrui : l'évidence et l'énigme

Autrui m'est donné dans la perception, mais je n'ai jamais un accès direct à sa conscience. Comment savoir qu'il est bien un sujet comme moi, et non un automate (Descartes : « j'aperçois par la fenêtre des chapeaux et des manteaux… ») ? C'est le problème du solipsisme.

II. Autrui comme miroir et menace : Hegel et Sartre

  • Hegel (Phénoménologie de l'esprit, dialectique du maître et de l'esclave) : la conscience de soi ne s'atteint que par la reconnaissance d'une autre conscience. Le désir de reconnaissance engendre la lutte à mort, puis le rapport asymétrique maître/esclave, finalement renversé par le travail.
  • Sartre : « autrui, c'est le médiateur indispensable entre moi et moi-même ». Sous le regard d'autrui, j'éprouve la honte : il me fige en objet. « L'enfer, c'est les Autres » (Huis clos) — non parce qu'autrui est mauvais, mais parce qu'il dispose de mon image.

III. Autrui comme prochain : éthique de la rencontre

  • Levinas renverse la tradition : autrui n'est pas un alter ego, mais un visage qui m'oblige. Avant toute connaissance, il y a une responsabilité infinie pour l'autre. « Tu ne tueras point » est gravé sur son visage.
  • Husserl parle de l'appréhension par analogie : je prête à autrui une vie intérieure semblable à la mienne.
  • Merleau-Ponty : autrui m'est donné dans la chair commune du monde perçu.

IV. La question politique : vivre avec autrui

  • Aristote : l'homme est un zoon politikon — naturellement social.
  • Hobbes : l'autre est d'abord une menace (homo homini lupus) ; il faut un État pour l'apprivoiser.
  • Kant : autrui doit toujours être traité « comme une fin, jamais simplement comme un moyen » (Fondements de la métaphysique des mœurs).

V. Citations

  • « L'enfer, c'est les Autres. » — Sartre, Huis clos.
  • « Le visage parle. » — Levinas.
  • « Je ne deviens moi que par autrui. » — Hegel (esprit).

Pour la dissertation

Sujets : Ai-je besoin d'autrui pour être moi-même ?Suis-je responsable d'autrui ?

Plan : 1) Autrui peut apparaître comme une limite de mon existence (regard, conflit). 2) Mais il est la condition de la conscience de soi (Hegel, Sartre). 3) Il fonde une exigence éthique et politique (Kant, Levinas).

Sources et références

Ce cours est rédigé par l'équipe RévisionBac à partir du programme officiel et des sources institutionnelles ci-dessous. Elles permettent de vérifier les définitions, les chiffres et les normes citées.

  1. 1.Programmes et ressources du lycée général et technologiqueÉduscol — Ministère de l'Éducation nationale
  2. 2.Bulletin officiel de l'Éducation nationale (programmes du baccalauréat)education.gouv.fr
  3. 3.Textes philosophiques du domaine publicGallica — BnF
  4. 4.Encyclopédie philosophique en accès libreStanford Encyclopedia of Philosophy
  5. 5.Données et bulletins de santé publiqueSanté publique France
  6. 6.Textes de loi et jurisprudenceLégifrance

Contenu vérifié et mis à jour le 08/08/2026. Les liens renvoient vers les sites officiels des éditeurs cités.

Historique éditorial

Ce chapitre est rédigé et relu par l'équipe RévisionBac, puis enrichi par les contributions validées.

  1. Dernière mise à jour du cours (relecture et enrichissement)
  2. Première publication de la fiche de cours