Diabète

Type 1, type 2

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Introduction

Le diabète sucré est une maladie chronique définie par une hyperglycémie permanente : glycémie à jeun ≥ 1,26 g/L (7 mmol/L) constatée à deux reprises, ou glycémie ≥ 2 g/L à n'importe quel moment avec des symptômes. Elle résulte d'un défaut de sécrétion et/ou d'action de l'insuline. En France, plus de 4 millions de personnes sont traitées, et l'on estime à 700 000 le nombre de diabétiques non diagnostiqués.

I. Rappel : la régulation de la glycémie

La glycémie est une constante du milieu intérieur, maintenue entre 0,70 et 1,10 g/L à jeun par un système réglé (homéostat).

HormoneCellules sécrétricesEffetOrganes cibles
Insulineβ des îlots de LangerhansHypoglycémiante : entrée du glucose, glycogénogenèse, lipogenèseMuscle, foie, tissu adipeux
Glucagonα des îlots de LangerhansHyperglycémiante : glycogénolyse, néoglucogenèseFoie

Le pancréas est une glande amphicrine : exocrine (sucs digestifs) et endocrine (hormones). Après un repas, la glycémie monte, l'insuline est sécrétée, le glucose est stocké : c'est un rétrocontrôle négatif.

II. Les types de diabète

1. Diabète de type 1 (DT1) — ≈ 10 %

  • Maladie auto-immune : destruction des cellules β par les lymphocytes T (auto-anticorps anti-GAD).
  • Sujet jeune, début souvent brutal dans l'enfance ou l'adolescence.
  • Carence absolue en insuline → insulinothérapie à vie, indispensable.
  • Risque d'acidocétose : à défaut de glucose utilisable, les lipides sont catabolisés en corps cétoniques, acidifiant le sang (urgence vitale).

2. Diabète de type 2 (DT2) — ≈ 90 %

  • Association d'une insulinorésistance (les récepteurs répondent mal) et d'un épuisement progressif de la sécrétion d'insuline.
  • Adulte souvent > 40 ans, en surpoids, sédentaire ; incidence croissante chez les jeunes.
  • Évolution silencieuse pendant 5 à 10 ans : diagnostic souvent tardif, parfois au stade des complications.
  • Traitement par paliers : règles hygiéno-diététiques → metformine → autres antidiabétiques (inhibiteurs SGLT2, analogues du GLP-1) → insuline.

3. Diabète gestationnel

Apparaît au 2ᵉ ou 3ᵉ trimestre de grossesse (≈ 10 % des grossesses). Risques : macrosomie fœtale, prééclampsie, DT2 ultérieur chez la mère.

4. Diabètes secondaires

Pancréatite chronique, corticothérapie, hémochromatose, formes monogéniques (MODY).

III. Signes cliniques

Syndrome cardinal (surtout DT1) : polyurie (diurèse > 3 L/j, par diurèse osmotique), polydipsie (soif intense compensatrice), polyphagie, amaigrissement paradoxal, asthénie. La glycosurie apparaît quand la glycémie dépasse le seuil rénal de réabsorption (≈ 1,80 g/L).

IV. Complications

Aiguës

  • Hypoglycémie (< 0,60 g/L) : sueurs, tremblements, troubles du comportement, coma. Traitement : sucre rapide, ou glucagon si perte de conscience.
  • Acidocétose (DT1) : dyspnée de Kussmaul, haleine acétonique.
  • Coma hyperosmolaire (sujet âgé, DT2) : déshydratation majeure.

Chroniques

TypeComplicationConséquence
MicroangiopathieRétinopathie1ʳᵉ cause de cécité acquise avant 65 ans
MicroangiopathieNéphropathie1ʳᵉ cause d'insuffisance rénale terminale
MicroangiopathieNeuropathiePerte de sensibilité, douleurs
MacroangiopathieIDM, AVC, artériopathieRisque × 2 à 4
MixtePied diabétiquePlaies chroniques, amputations (≈ 8 000/an en France)

V. Surveillance et prise en charge

  • HbA1c (hémoglobine glyquée) : reflète la glycémie moyenne des 3 derniers mois ; objectif général < 7 %. Correspondance approximative : HbA1c 7 % ≈ 1,54 g/L de glycémie moyenne, chaque point supplémentaire ≈ +0,30 g/L.
  • Autosurveillance : lecteur capillaire, capteurs de mesure continue du glucose.
  • Bilan annuel : fond d'œil, créatininémie et microalbuminurie, ECG, bilan lipidique, examen des pieds, consultation dentaire.
  • Éducation thérapeutique du patient (ETP) : comprendre la maladie, adapter les doses, reconnaître l'hypoglycémie, soigner ses pieds.
  • Prise en charge à 100 % au titre des affections de longue durée (ALD 30).

Application chiffrée

Un patient a une glycémie à jeun de 1,45 g/L. En mmol/L :

C=1,450,188,1 mmol/LC = \frac{1{,}45}{0{,}18} \approx 8{,}1\ \text{mmol/L}

Valeur supérieure au seuil diagnostique de 7 mmol/L : le diabète est confirmé si une seconde mesure le vérifie.

VI. Prévention du diabète de type 2

  • Maintenir un IMC < 25 ; une perte de 5 à 7 % du poids réduit d'environ 58 % le risque de conversion d'un prédiabète en DT2 (étude DPP).
  • 150 minutes d'activité physique modérée par semaine.
  • Alimentation à index glycémique bas, riche en fibres, pauvre en sucres libres.
  • Dépistage ciblé : âge ≥ 45 ans, surpoids, antécédents familiaux, diabète gestationnel antérieur, origine géographique à risque.

À retenir

Le diabète est une épidémie silencieuse dont la gravité tient à ses complications vasculaires. Le DT1 est auto-immun et impose l'insuline à vie ; le DT2, largement lié au mode de vie, est en grande partie évitable. Le suivi repose sur l'HbA1c et un bilan annuel systématique des organes cibles.

Quiz de révision

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Teste ta compréhension du diabète.

  1. Question 1.

    Quelle valeur de glycémie à jeun, confirmée deux fois, définit le diabète ?

  2. Question 2.

    Quel mécanisme caractérise le diabète de type 1 ?

  3. Question 3.

    Que reflète l'HbA1c ?

Sources et références

Ce cours est rédigé par l'équipe RévisionBac à partir du programme officiel et des sources institutionnelles ci-dessous. Elles permettent de vérifier les définitions, les chiffres et les normes citées.

  1. 1.Programmes et ressources du lycée général et technologiqueÉduscol — Ministère de l'Éducation nationale
  2. 2.Bulletin officiel de l'Éducation nationale (programmes du baccalauréat)education.gouv.fr
  3. 3.Recherche biomédicale et dossiers santéInserm
  4. 4.Recommandations de bonne pratiqueHaute Autorité de santé
  5. 5.Données et bulletins de santé publiqueSanté publique France

Contenu vérifié et mis à jour le 09/08/2026. Les liens renvoient vers les sites officiels des éditeurs cités.

Historique éditorial

Ce chapitre est rédigé et relu par l'équipe RévisionBac, puis enrichi par les contributions validées.

  1. Dernière mise à jour du cours (relecture et enrichissement)
  2. Première publication de la fiche de cours