Quelles sont les sources et les défis de la croissance économique ?
PIB, facteurs de production, productivité, soutenabilité.
1. Croissance : de quoi parle-t-on ?
La croissance économique est l'augmentation soutenue et durable de la production de richesses sur une longue période, mesurée par le taux de variation du PIB en volume (c'est-à-dire corrigé de l'inflation).
Il faut distinguer :
- Croissance extensive : obtenue par l'augmentation de la quantité de facteurs (plus de travail, plus de capital).
- Croissance intensive : obtenue par une meilleure efficacité des facteurs, mesurée par la productivité globale des facteurs (PGF).
- PIB en valeur / en volume : le premier intègre la hausse des prix, le second l'élimine.
2. La fonction de production et le résidu
Le modèle de Solow (1956) écrit la production comme où est le capital, le travail et le niveau de technologie. La partie de la croissance non expliquée par et est le résidu de Solow, assimilé au progrès technique. Historiquement, la PGF explique la moitié ou plus de la croissance des pays développés au XXe siècle.
Problème du modèle : avec des rendements décroissants du capital, la croissance par tête finit par s'annuler ; le progrès technique reste exogène, tombé du ciel.
3. La croissance endogène
Les théories de la croissance endogène (Romer, Lucas, Barro, années 1980-1990) expliquent le progrès technique par les décisions d'investissement des agents. Quatre sources d'accumulation :
| Source | Mécanisme | Exemple |
|---|---|---|
| Capital physique | Investissement productif, apprentissage par la pratique | Robotisation d'une usine |
| Capital humain | Éducation, formation, santé (Lucas) | Allongement de la scolarisation |
| Capital technologique | R&D, brevets, innovations (Romer) | Crédit d'impôt recherche |
| Capital public | Infrastructures, institutions, droit (Barro) | Réseau ferroviaire, sécurité juridique |
Ces investissements produisent des externalités positives : la connaissance est un bien non rival (l'usage par l'un n'empêche pas celui de l'autre) et partiellement non excluable, ce qui explique le sous-investissement privé et justifie l'intervention publique (subventions à la R&D, brevets, éducation gratuite).
4. Innovation, institutions et destruction créatrice
Selon Schumpeter, la croissance procède par grappes d'innovations et destruction créatrice : les innovations détruisent des activités et des emplois anciens en même temps qu'elles en créent de nouveaux. Le solde est positif à long terme, mais les coûts d'ajustement sont concentrés sur certains travailleurs et territoires — d'où l'importance des politiques de formation et de protection sociale.
Les droits de propriété sécurisent l'incitation à innover : sans brevet ni protection du contrat, l'innovateur ne capte pas la rente de son effort. Mais un brevet trop large freine la diffusion : la politique d'innovation cherche un équilibre entre incitation et diffusion.
Exemple chiffré : la France consacre environ 2,2 % de son PIB à la R&D, contre plus de 3 % en Allemagne, en Suède ou en Corée du Sud. L'objectif européen de 3 % fixé à Lisbonne n'est pas atteint, ce qui alimente le débat sur le déficit d'innovation.
5. Les défis : soutenabilité et inégalités
- Limites écologiques : le PIB ignore la destruction du capital naturel. Distinguer soutenabilité faible (les capitaux sont substituables : le capital technique peut remplacer le capital naturel) et soutenabilité forte (certains éléments naturels sont irremplaçables, il faut préserver un stock critique).
- Croissance et environnement : la courbe de Kuznets environnementale suppose qu'après un seuil de richesse, les pollutions diminuent ; elle est vérifiée pour certaines pollutions locales, mais pas pour les émissions de CO₂ liées à la consommation.
- Découplage : réduire les émissions tout en croissant. Le découplage relatif (les émissions croissent moins vite que le PIB) est observé ; le découplage absolu à l'échelle mondiale reste à démontrer.
- Inégalités : la croissance ne se répartit pas mécaniquement ; les inégalités de revenus peuvent freiner la croissance en limitant la demande et l'investissement en capital humain.
6. Méthode pour l'épreuve
Pour une épreuve composée : toujours (1) définir croissance et distinguer valeur/volume ; (2) présenter les facteurs (travail, capital, PGF) puis (3) les sources endogènes ; (4) discuter au moins un défi (écologique ou inégalitaire) avec un chiffre. Éviter la confusion entre ralentissement de la croissance et récession (croissance négative).
7. À retenir
La croissance vient moins de l'accumulation quantitative que de l'innovation et de l'accumulation de capital humain, technologique et institutionnel. Ses défis contemporains sont la soutenabilité écologique et la répartition de ses fruits.
Sources et références
Ce cours est rédigé par l'équipe RévisionBac à partir du programme officiel et des sources institutionnelles ci-dessous. Elles permettent de vérifier les définitions, les chiffres et les normes citées.
- 1.Programmes et ressources du lycée général et technologique — Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale
- 2.Bulletin officiel de l'Éducation nationale (programmes du baccalauréat) — education.gouv.fr
- 3.Statistiques économiques et sociales — Insee
- 4.Études sur l'économie française — Banque de France
- 5.Données comparées internationales — OCDE
- 6.Bilan et statistiques de l'énergie en France — SDES — Ministère de la Transition écologique
Contenu vérifié et mis à jour le 08/08/2026. Les liens renvoient vers les sites officiels des éditeurs cités.
Historique éditorial
Ce chapitre est rédigé et relu par l'équipe RévisionBac, puis enrichi par les contributions validées.
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