Chimie : analyses spectrales
RMN, IR, UV-visible, spectro de masse.
Chimie : analyses spectrales
Principe général
Une méthode spectrale exploite l'interaction entre un rayonnement électromagnétique et la matière. Selon l'énergie du rayonnement, on sonde des transitions différentes : électroniques (UV-visible), vibratoires (infrarouge), de spin nucléaire (RMN). L'énergie d'un photon vaut , avec h = 6,63×10⁻³⁴ J·s.
Spectroscopie UV-visible et loi de Beer-Lambert
A : absorbance (sans unité) ; ε : coefficient d'absorption molaire (L·mol⁻¹·cm⁻¹) ; ℓ : trajet optique (cm) ; C : concentration (mol·L⁻¹). La loi n'est linéaire que pour des solutions diluées (A < 1,5 environ) et à une longueur d'onde fixée, choisie au maximum d'absorption λmax.
Exemple de dosage : une solution de permanganate de potassium présente ε = 2 300 L·mol⁻¹·cm⁻¹ à 525 nm dans une cuve de 1,00 cm. Une mesure donne A = 0,46, d'où C = 0,46 / (2 300 × 1,00) = 2,0×10⁻⁴ mol·L⁻¹. Une courbe d'étalonnage à cinq points valide la linéarité avant tout dosage.
Spectroscopie infrarouge
L'IR (nombre d'onde exprimé en cm⁻¹, de 4 000 à 500) identifie les groupes caractéristiques :
| Liaison | Bande (cm⁻¹) | Allure |
|---|---|---|
| O–H alcool | 3 200-3 600 | large |
| O–H acide carboxylique | 2 500-3 300 | très large |
| N–H amine | 3 300-3 500 | fine, souvent double |
| C=O | 1 650-1 750 | intense, fine |
| C–H | 2 850-3 000 | moyenne |
Une bande à 1 715 cm⁻¹ intense sans large bande vers 3 300 oriente vers une cétone plutôt qu'un acide. La zone 1 500-500 cm⁻¹, dite empreinte digitale, sert à comparer un spectre à celui d'un composé de référence.
RMN du proton
Trois informations : le nombre de signaux (nombre de groupes de protons équivalents), le déplacement chimique δ en ppm (environnement électronique : 0,9-1,5 pour CH₃ aliphatique, 2,1-2,6 près d'un C=O, 7-8 pour un cycle aromatique) et la multiplicité donnée par la règle des (n+1) uplets. La courbe d'intégration donne le rapport des nombres de protons.
Application : un spectre présentant un triplet à 1,2 ppm (3H) et un quadruplet à 4,1 ppm (2H) signe un groupe éthyle –O–CH₂–CH₃, typique d'un ester.
Démarche d'identification d'un composé
- Formule brute par analyse élémentaire ou spectrométrie de masse.
- Insaturations : degré = (2C+2+N−H)/2.
- Groupes fonctionnels par IR.
- Squelette carboné par RMN (nombre, déplacement, multiplicité, intégration).
- Vérification de la cohérence de la structure proposée avec tous les spectres.
À retenir
Aucune technique ne suffit seule : l'IR annonce la fonction, la RMN dessine le squelette, l'UV-visible quantifie. Le raisonnement consiste à croiser des indices convergents.
Sources et références
Ce cours est rédigé par l'équipe RévisionBac à partir du programme officiel et des sources institutionnelles ci-dessous. Elles permettent de vérifier les définitions, les chiffres et les normes citées.
- 1.Programmes et ressources du lycée général et technologique — Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale
- 2.Bulletin officiel de l'Éducation nationale (programmes du baccalauréat) — education.gouv.fr
- 3.Fiches toxicologiques et sécurité au laboratoire — INRS
- 4.Le Système international d'unités (SI) — BIPM
- 5.Bilan et statistiques de l'énergie en France — SDES — Ministère de la Transition écologique
- 6.Textes de loi et jurisprudence — Légifrance
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Historique éditorial
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