La démocratie : fondements et fragilités
Histoire, principes et menaces qui pèsent sur les régimes démocratiques contemporains.
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En clair. Histoire, principes et menaces qui pèsent sur les régimes démocratiques contemporains.
Ce qu'on te demande au bac STMG : maîtriser le vocabulaire de « La démocratie : fondements et fragilités », savoir refaire les calculs ou raisonnements du cours et les appliquer à un cas concret.
Conseil de révision. Relis d'abord l'encadré, puis fais le quiz : si tu bloques, reprends la partie correspondante du cours.
Définir la démocratie avec précision
Le mot vient du grec dêmos (le peuple) et kratos (le pouvoir) : le régime dans lequel la souveraineté appartient à l'ensemble des citoyens. En France, l'article 2 de la Constitution de 1958 en donne la formule : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
Vocabulaire indispensable :
- Souveraineté nationale : le pouvoir suprême appartient à la Nation, qui l'exerce par ses représentants et par le référendum (art. 3 de la Constitution).
- État de droit : tous, y compris les gouvernants, sont soumis à la loi, contrôlés par des juges indépendants.
- Séparation des pouvoirs : distinction du législatif (Parlement), de l'exécutif (Président, Gouvernement) et du judiciaire, théorisée par Montesquieu (De l'esprit des lois, 1748).
- Pluralisme : coexistence garantie de plusieurs partis, syndicats, médias.
- Démocratie représentative : les citoyens élisent des représentants. Démocratie directe : ils décident eux-mêmes (référendum, votation suisse). Démocratie participative : dispositifs de consultation (budget participatif, conventions citoyennes).
Les quatre piliers d'un régime démocratique
| Pilier | Traduction concrète en France | Menace si le pilier cède |
|---|---|---|
| Élections libres | Suffrage universel, secret, périodique | Élections truquées, parti unique |
| État de droit | Conseil constitutionnel, Cour de cassation, CEDH | Arbitraire, justice aux ordres |
| Libertés fondamentales | DDHC de 1789, liberté de presse (loi de 1881) | Censure, surveillance de masse |
| Pluralisme et contre-pouvoirs | Partis, syndicats, presse, associations, ARCOM | Concentration des médias, parti unique |
Repères chronologiques : 1789 (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen) → 1848 (suffrage universel masculin) → 1881-1882 (lois scolaires et liberté de la presse) → 1944 (droit de vote des femmes) → 1958 (V^e^ République) → 1974 (majorité à 18 ans) → 2008 (question prioritaire de constitutionnalité).
Mesurer et calculer : les indicateurs de la fragilité
L'abstention est l'indicateur le plus utilisé. Elle se calcule ainsi :
Exemple : aux élections législatives de 2022, sur environ 48,7 millions d'inscrits, 25,0 millions ne se sont pas déplacés au premier tour :
Plus d'un électeur sur deux ne vote pas : c'est un signal de crise de la représentation.
La légitimité réelle d'un élu se mesure en rapportant ses voix aux inscrits, non aux exprimés :
Un député élu avec 55 % des suffrages exprimés dans une circonscription où l'abstention atteint 50 % ne représente que des inscrits.
| Indicateur | Valeur récente (ordre de grandeur) | Lecture |
|---|---|---|
| Abstention législatives 2022 (1^er^ tour) | ≈ 52 % | Défiance envers le Parlement |
| Abstention présidentielle 2022 (1^er^ tour) | ≈ 26 % | Scrutin encore mobilisateur |
| Confiance dans les partis politiques | ≈ 25 % | Crise de la médiation partisane |
| Adhésion à un syndicat (France) | ≈ 10 % des salariés | Faiblesse des corps intermédiaires |
Les fragilités contemporaines
- L'abstention et le vote protestataire : le retrait électoral touche surtout les jeunes et les catégories populaires, ce qui biaise la représentation.
- La désinformation : rumeurs et fake news circulent plus vite que les démentis ; la loi du 22 décembre 2018 lutte contre la manipulation de l'information en période électorale.
- Les régimes illibéraux : des pouvoirs élus affaiblissent ensuite juges, presse et opposition (Hongrie, Turquie). L'élection seule ne suffit donc pas à faire une démocratie.
- La violence politique : intimidation des élus, attaques contre des journalistes.
- Les inégalités socio-économiques : quand une partie de la population estime que le système ne la protège plus, l'adhésion aux règles communes s'affaiblit.
Que peut faire le citoyen ?
Voter, mais aussi : s'inscrire sur les listes électorales (démarche en ligne), participer à un conseil de quartier ou à un budget participatif, adhérer à une association, exercer son droit de pétition auprès du CESE (seuil de 150 000 signatures), vérifier ses sources avant de partager une information, se porter volontaire comme assesseur le jour du scrutin.
Quiz de révision
Quatre questions pour valider le chapitre.
- Question 1.
Que signifie « État de droit » ?
- Question 2.
Dans une circonscription de 60 000 inscrits, 24 000 personnes votent. Quel est le taux d'abstention ?
- Question 3.
Quel élément distingue un régime « illibéral » d'une démocratie pleine ?
- Question 4.
Qui a théorisé la séparation des pouvoirs ?
Sources et références
Ce cours est rédigé par l'équipe RévisionBac à partir du programme officiel et des sources institutionnelles ci-dessous. Elles permettent de vérifier les définitions, les chiffres et les normes citées.
- 1.Programmes et ressources du lycée général et technologique — Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale
- 2.Bulletin officiel de l'Éducation nationale (programmes du baccalauréat) — education.gouv.fr
- 3.Textes juridiques et Constitution — Légifrance
- 4.Fiches sur les institutions et la citoyenneté — Vie-publique.fr
Contenu vérifié et mis à jour le 10/09/2026. Les liens renvoient vers les sites officiels des éditeurs cités.
Historique éditorial
Ce chapitre est rédigé et relu par l'équipe RévisionBac, puis enrichi par les contributions validées.
- — Dernière mise à jour du cours (relecture et enrichissement)
- — Première publication de la fiche de cours