L'environnement, entre exploitation et protection
HGGSP : exploiter ou protéger l'environnement — notions clés, jalons historiques, gouvernance internationale, acteurs et études de cas (Amazonie, forêt française).
1. Notions et problématique
L'environnement désigne l'ensemble des milieux naturels et des ressources dans lesquels s'inscrivent les sociétés. Le thème repose sur une tension : l'exploitation des ressources est la condition du développement, mais elle épuise le milieu dont ce développement dépend.
Notions exigibles :
- Anthropisation : transformation d'un milieu par l'action humaine.
- Anthropocène : ère géologique proposée où l'humanité est devenue une force géologique majeure (concept popularisé par Paul Crutzen, 2000).
- Développement durable (rapport Brundtland, 1987) : « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».
- Services écosystémiques : bénéfices rendus par la nature (pollinisation, régulation du climat, épuration de l'eau).
- Résilience : capacité d'un milieu à retrouver un équilibre après une perturbation.
2. Jalons : une longue histoire d'exploitation
- Néolithique : sédentarisation, défrichements, premiers aménagements hydrauliques.
- Moyen Âge et époque moderne : « grands défrichements » (XIe-XIIIe s.), puis en France l'ordonnance de Colbert sur les Eaux et Forêts (1669), première gestion durable motivée par le besoin de bois pour la marine.
- Révolution industrielle : charbon, pollutions urbaines, Great Smog de Londres (1952, ~12 000 morts) qui aboutit au Clean Air Act (1956).
- XXe siècle : accélération (« Grande accélération » d'après 1945) — engrais azotés, pétrole, périurbanisation.
3. La prise de conscience et la gouvernance mondiale
| Date | Événement | Portée |
|---|---|---|
| 1972 | Conférence de Stockholm ; rapport Meadows Halte à la croissance ? | Premier sommet mondial sur l'environnement |
| 1979 | Convention de Genève sur les pollutions transfrontières | Pluies acides |
| 1987 | Protocole de Montréal | Succès : quasi-élimination des CFC |
| 1992 | Sommet de Rio | Convention climat (CCNUCC), biodiversité, Agenda 21 |
| 1997 | Protocole de Kyoto | Objectifs contraignants, mais États-Unis non ratifiants |
| 2015 | Accord de Paris (COP21) | Limiter le réchauffement « bien en dessous de 2 °C », contributions volontaires (CDN) |
| 2022 | COP15 biodiversité (Kunming-Montréal) | Objectif 30 % d'aires protégées en 2030 |
Le GIEC (créé en 1988) ne fait pas de recherche : il synthétise les publications scientifiques pour éclairer les décideurs. Son 6e rapport (2021-2023) attribue sans équivoque le réchauffement observé aux activités humaines.
Limite structurelle : la gouvernance environnementale repose sur des États souverains, sans force contraignante ; l'environnement est un bien commun exposé à la « tragédie des communs » (Hardin, 1968), que l'économiste Elinor Ostrom (Nobel 2009) nuance en montrant l'efficacité des gestions collectives locales.
4. Acteurs et conflits d'usage
États, collectivités, firmes transnationales, ONG (Greenpeace, WWF), populations autochtones, scientifiques, consommateurs. Les conflits d'usage opposent des logiques : emploi contre préservation, subsistance contre conservation. L'écologie punitive est reprochée aux normes perçues comme socialement injustes (mouvement des Gilets jaunes et taxe carbone, 2018).
5. Étude de cas : l'Amazonie
Puits de carbone majeur et réservoir de biodiversité, la forêt amazonienne perd chaque année des milliers de km² sous l'effet du front pionnier (soja, élevage bovin, orpaillage, routes comme la Transamazonienne). La déforestation brésilienne, remontée fortement entre 2019 et 2021, a nettement reculé après 2023 grâce au renforcement des contrôles (IBAMA) et aux engagements internationaux. Enjeux croisés : souveraineté nationale brésilienne, droits des peuples autochtones (terres indigènes, mieux préservées que les zones voisines), marché mondial des matières premières, et risque de point de bascule (savanisation).
Contrepoint français : la forêt métropolitaine a gagné en surface depuis 1850 (de ~9 à ~17 millions d'hectares) — l'exploitation n'est pas mécaniquement synonyme de destruction lorsqu'elle est encadrée. Mais elle est fragilisée par les sécheresses, les scolytes et les incendies.
6. Méthode : construire une dissertation
Éviter le plan « avant/après ». Préférer un plan par échelles (locale/nationale/mondiale) ou par acteurs, en confrontant systématiquement un exemple d'exploitation et un exemple de protection, et en datant chaque référence.
À retenir
L'environnement est un objet politique autant que naturel : il oppose des temporalités (urgence écologique / cycle électoral), des échelles (locale / planétaire) et des intérêts. La question n'est pas « exploiter ou protéger », mais à quelles conditions exploiter sans détruire.
Sources et références
Ce cours est rédigé par l'équipe RévisionBac à partir du programme officiel et des sources institutionnelles ci-dessous. Elles permettent de vérifier les définitions, les chiffres et les normes citées.
- 1.Programmes et ressources du lycée général et technologique — Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale
- 2.Bulletin officiel de l'Éducation nationale (programmes du baccalauréat) — education.gouv.fr
- 3.Dossiers géopolitiques et institutions — Vie-publique.fr
- 4.Documents et traités internationaux — Nations unies
- 5.Patrimoine mondial — UNESCO
- 6.Rapports d'évaluation sur le changement climatique — GIEC / IPCC
Contenu vérifié et mis à jour le 08/08/2026. Les liens renvoient vers les sites officiels des éditeurs cités.
Historique éditorial
Ce chapitre est rédigé et relu par l'équipe RévisionBac, puis enrichi par les contributions validées.
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